Systématisation d’expérience
Idée centrale
Faire de sa propre pratique un objet de connaissance, pour en tirer des apprentissages qui servent l’action suivante. Née dans l’éducation populaire latino-américaine, elle est présentée comme « la cousine latino-américaine de la capitalisation d’expérience »1. Oscar Jara en est le principal théoricien.
Quatre temps
- Vivre : l’expérience est d’abord vécue, puis revisitée
- Classer : ordonner ce qui s’est passé
- Élucider : chercher, avec un sens critique, ce que cela veut dire
- Créer : en tirer des apprentissages qui peuvent servir ailleurs

« La systématisation : en bref », Iteco / Cécile Imberechts / Emma Kersalé, repris sur eval.fr1.
Le visuel les présente en quatre temps. Dans son propre parcours, Jara distingue cinq temps : le point de départ, les questions initiales, la récupération du processus vécu, la réflexion de fond, les points d’arrivée.
L’article de Jara : « Le défi politique d’apprendre de nos pratiques »
Un texte d’Oscar Jara dans la revue Antipodes (Iteco)2. Ce qu’il met en avant :
- Apprendre de nos pratiques est un souhait toujours valorisé, mais souvent non réalisé : l’activisme et le dévouement à nos idées y portent atteinte.
- C’est un défi « non seulement méthodologique ou technique mais aussi fondamentalement politique : il permet de construire des capacités, du pouvoir ».
- Deux options s’ouvrent. La première : la systématisation de données. La seconde, moins commune et plus complexe, va plus loin : elle envisage les expériences comme des processus historiques, des processus complexes où interviennent différents acteurs, dans un contexte économique et social déterminé, à un moment institutionnel dont nous faisons partie.
- Systématiser des données n’est pas systématiser des expériences. Il s’agit de reconstruire ce qui s’est passé, puis de passer à l’interprétation critique : comprendre pourquoi ce qui est arrivé est arrivé.
- Pas de recette : les modalités varient (participative, à la fin d’une expérience, au fur et à mesure), et il faut des conditions personnelles et institutionnelles, du temps et des ressources, comme pour la planification et l’évaluation.
- On ne prétend pas être neutre : il s’agit d’objectiver le vécu en explicitant ce qu’on fait et en le regardant de manière critique. Le risque est une interprétation qui justifie au lieu de questionner.
- Chaque cycle se ferme par un retour à la pratique, enrichie par la théorie. Pour Jara, le processus est en lui-même un processus d’éducation populaire.
Ce qui la distingue
- Le collectif est le sujet de la recherche, pas son objet
- L’expertise se produit de l’intérieur, et le processus renforce la cohésion du groupe
- Elle se construit en opposition aux évaluations externes descendantes imposées par les financeurs1
Dans ce bulletin
La relecture de 2018 à 2026, le seuil « automne 2026 », s’inspire de ces temps, et le rendez-vous de l’été 2027 y revient.
Références
- Oscar Jara, « Le défi politique d’apprendre de nos pratiques »2
- Cécile Imberechts et Quinoa (Belgique), manuels appliqués1
Liens
Footnotes
-
« Systématisation d’expériences », eval.fr, https://www.eval.fr/methodes-et-outils/systematisation-dexperiences/ ↩ ↩2 ↩3 ↩4
-
Oscar Jara, « Le défi politique d’apprendre de nos pratiques », revue Antipodes, Iteco, https://www.iteco.be/revue-antipodes/systematisation-d-experiences/article/le-defi-politique-d-apprendre-de-nos-pratiques ↩ ↩2
