Samedi 29 août 2026, à la Foire Bio de Neuvy-Saint-Sépulchre, s’est tenue la table ronde « Le PNR Sud Berry : une vision commune pour le territoire ? » La reprise du processus de travail (mis en pause précédemment) a été posée formellement devant l’assemblée présente.
Cette perspective n’est pas venue seule. Elle s’est aussitôt accompagnée d’une condition qui m’a semblé largement partagée : oui, mais à condition de faire ensemble.
Ce « faire ensemble » ouvre une dynamique porteuse d’imaginaires et de logiques multiples. Mais l’hétérogénéité qu’il suppose est aussi germe de complexité : faire ensemble ne consiste pas seulement à réunir des volontés, mais à composer avec des positions, des intérêts, des rythmes, des savoirs et des manières d’habiter le territoire qui ne coïncident pas spontanément. C’est peut-être précisément là que commence le travail : non pas effacer ces écarts au nom d’une vision commune, mais créer les conditions pour qu’ils puissent être exprimés, mis en discussion et travaillés collectivement.
Alors, veillons à maintenir ce processus ouvert plutôt qu’à applaudir trop vite l’apparition d’un consensus.
De quel « ensemble » parle-t-on ?
Un ensemble qui se décrète, où chacun vient se ranger derrière ceux qui pèsent le plus ? Ou un ensemble qui se cultive, où ce que chacun porte de singulier est reconnu, et devient ressource pour les autres ? Ce ne sont pas des nuances et la robustesse n’est pas du même côté.
En sortant, j’avais en tête un dossier de la Banque des Territoires, coproduire une vision partagée d’un territoire : un savoir non constitué. Non constitué veut dire que ce savoir n’existe pas déjà quelque part, prêt à être adopté. Une vision commune ne naît pas parce que c’est le thème d’une table ronde et que c’est posé comme condition de poursuite des travaux. Elle se fabrique, lentement, et elle demande des capacités que nous n’avons pas encore suffisamment cultivées ensemble.
C’est là que je relie ce jour d’après à ma boussole de la semaine dernière, se souvenir, se préparer, se projeter, et à ce que je cherche du côté de la robustesse et du soin : quelles capacités devons-nous cultiver ensemble, avant d’en avoir urgemment besoin ?
À ce stade je ne suis pas contributeur activement impliqué dans la coconstruction attendue et je cherche encore où poser ma voix1.
Ce billet est la première trace d’une série que je tiendrai au rythme de ce qui s’écrit vraiment, pas de ce qui s’annonce.
Que reste-t-il à cultiver ?
La condition est posée mais il reste le plus exigeant : la confronter au réel de son exercice et cultiver les capacités d’apprendre à apprendre ensemble.
Une inspiration ? Guide méthodologique du faire ensemble
À suivre - Faire ensemble : que faisons-nous de nos incommunications ?
Et si ce qui ne coïncide pas entre nous, plutôt que de faire obstacle au « faire ensemble », était précisément l’un des endroits où peut commencer l’enquête collective ?
Stéphane Caillaud · CC BY-SA 4.0
Footnotes
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« Territoires d’engagement », note de Mathieu Angotti (ANCT) : les critères de l’engagement (temps, impact, plaisir) et le fait de trouver sa voix dans les processus collectifs. ↩
