Une recherche qui accepte d’être déplacée
« À ce moment-là, je ne savais pas encore. »
Comment je cherche, et pourquoi je préfère l’éclaireur au défenseur d’une position.
Deux références plus récentes m’aident à préciser la posture avec laquelle j’essaie de conduire cette enquête.
Avec le scout mindset, Julia Galef oppose à la défense d’une position la disposition de l’éclaireur qui cherche d’abord à mieux voir le terrain.
Devon Zuegel formule quant à elle une règle éditoriale qui correspond assez bien au statut que je voudrais donner à une partie des textes publiés ici :
“I aim to write frequently enough that readers don’t ascribe posts as my static opinions but rather a stream of thoughts, caught in the middle of updates.”
Certaines pages de cet ensemble doivent donc être lues comme des pensées saisies au milieu de leurs mises à jour.
Elles sont datées. Certaines formulent des hypothèses. Certaines documentent un étonnement ou une bifurcation. Certaines seront déplacées par ce qui arrivera ensuite.
Christophe Lejeune, en rapprochant journal de bord informatisé et blog de recherche, m’aide à donner une portée méthodologique à cette pratique : documenter non seulement des résultats, mais les questions, résultats intermédiaires, décisions et cheminements qui permettent de comprendre comment une recherche se transforme.
Cette exigence constitue également un garde-fou contre une tentation permanente : raconter après coup une histoire trop cohérente.
Je cherche donc à préserver autant que possible le : « à ce moment-là, je ne savais pas encore ».
Où ça se relie
Habiter le premier kilomètre · Habitant-chercheur auto-missionné · Une vie dans l’histoire du calcul · Penser, agir, habiter · Une recherche qui accepte d’être déplacée · Quand la connaissance émerge des citoyens · Petit Sucre · D’où je parle
cc by-sa - Stéphane Caillaud. Redistribué depuis l’index, à reprendre à ma voix.
