Habiter le premier kilomètre

En cherchant à tâtons où habiter.

Le premier kilomètre, c’est l’infra-ordinaire de nos vies quotidiennes et sociales : le lieu le plus proche, celui qu’on traverse sans le voir - et d’où part l’enquête.

En 2018, j’ai quitté Tours pour venir habiter dans le Boischaut Sud, à la lisière du Berry et de la Creuse. J’aurais pu aller ailleurs : les Cévennes faisaient notamment partie des possibles.
Je ne savais rien encore de ce que l’expérience de ce nouvel ancrage allait m’apprendre.
Je n’arrivais ni avec un terrain de recherche prédéfini, ni avec une thèse à vérifier. J’étais plutôt disposé à accepter d’être déplacé par ce que je ne connaissais pas encore.

En juin 2019, à Montgivray, l’un des effets du dispositif participatif « À chacun son Teppaz » se traduit par la venue de Bruno Latour.
Lue précédemment, l’une de ses formulations donne alors des mots à quelque chose que j’étais déjà en train d’éprouver :

« Rien de tel qu’un Vieux Continent pour reprendre à nouveaux frais ce qui est commun et s’apercevoir, en tremblant, que l’universelle condition aujourd’hui, c’est de vivre dans les ruines de la modernisation, en cherchant à tâtons où habiter. »

La rencontre de 2019 n’est donc ni à l’origine de mon déplacement de 2018, ni celle de ma rencontre avec cette pensée. Elle constitue plutôt un événement imprévu de mon nouvel ancrage : un auteur déjà lu se trouve soudain présent, à quelques kilomètres de chez moi, dans un dispositif territorial auquel je prends part.

Où ça se relie

Habiter le premier kilomètre · Habitant-chercheur auto-missionné · Une vie dans l’histoire du calcul · Penser, agir, habiter · Une recherche qui accepte d’être déplacée · Quand la connaissance émerge des citoyens · Petit Sucre · D’où je parle


cc by-sa - Stéphane Caillaud. Redistribué depuis l’index, à reprendre à ma voix.